Bourrelier à Saint-Léonard de Noblat, Thomas Fleuret veut donner un intérêt général à son travail

Installé depuis près d’un an à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), Thomas Fleuret est bourrelier. À 31 ans, l’artisan se lance dans le travail du cuir végétal. Outre son intérêt personnel, il veut profiter de sa passion pour faire parler de sa commune. Il espère notamment y ouvrir une boutique en 2019. 

Thomas Fleuret a découvert le milieu du cuir il y quatre ans. Par hasard. « Avec une amie, nous voulions faire un stage équestre. Nous nous sommes inscrits à une activité de voltige cosaque, chez un créateur de selles. » Pendant ce stage de trois jours, le jeune homme se découvre une passion pour le cuir. « J’étais intrigué. Chaque soir, dans l’atelier, j’apprenais à travailler cette matière. »

Depuis, le bourrelier en apprend chaque jour un peu plus sur le métier. « Je n’ai jamais reçu de formation. Chaque expérience me permet d’avancer. Je regarde les gens faire et je lis beaucoup de livres sur le sujet. J’ai mis six mois à déchiffrer le langage ! Je regarde aussi pas mal de tutos sur Internet. » Thomas Fleuret a aussi acquis son matériel sur le tas. « Je l’ai déniché sur internet et auprès d’un artisan qui stoppait son activité. » Au total, ce sont déjà 15.000 euros qui ont été investis depuis ses débuts.

A l’origine, Thomas est devenu bourrelier pour les clubs d’équitation.

Il n’a « jamais été une brebis dans un troupeau »

Le jeune homme refuse notamment d’avoir un travail comme tout le monde. « Je n’ai jamais été une brebis dans le troupeau. C’est mon côté sauvage, rebelle et indépendant qui ressort. » Pour cette raison, Thomas Fleuret a abandonné le monde de la cuisine après huit années de services. Et ce malgré un diplôme obtenu dans ce secteur. 

« Des cuisiniers, il y en a partout. Pas des bourreliers. »

« J’ai toujours été manuel, admet également le bourrelier. Le cuir est quelque chose de vivant, c’est un plaisir d’utiliser mes mains pour le travailler. Dans ce métier, il faut aimer les choses précises et savoir faire preuve d’imagination. Finalement, ce sont des qualités qui rejoignent celles nécessaires à la cuisine. » S’il a choisi de persévérer dans ce milieu, c’est aussi pour préserver un métier qui tend à disparaître. « Je veux valoriser cette profession et préserver un patrimoine. Ce type de métier fait partie de notre patrimoine. »

Thomas, le couteau suisse

Pour le moment, Thomas Fleuret admet de pas pouvoir vivre du métier. Son passé son passé de chef-cuisiner n’est jamais bien loins. « Je dois faire quelques petits boulots à côté. En ce moment, par exemple, je m’occupe en parallèle d’un food-truck. Je me rends sur diverses manifestations. Je nourris les gens pour pouvoir me nourrir. »

L’artisan reçoit seulement entre quatre et six commandes par mois. « À la base, je fais des réparations de matériels équestres, pour les clubs surtout. Mais je me suis diversifié. On peut m’appeler pour faire des pièces en cuir personnalisées par exemple : des petites bourses, des colliers de chiens,… »

Renée Fumée, le nom du food-truck qu’a repris Thomas en juin dernier. Depuis, il compile son activité de bourrelier à celle de « vendeur de saucisse ».

Installé depuis bientôt un an à Saint-Léonard de Noblat, celui qui est originaire de Feytiat aspire à ouvrir une boutique dans les six prochains mois. « Actuellement, je bosse chez moi, dans mon garage. »

L’atelier de Thomas est, pour l’instant, toujours dans le garage de sa maison.

Thomas, l’altruiste

Outre l’envie personnelle de pouvoir vivre de sa passion, le jeune homme veut faire profiter la commune de ses savoir-faires. En octobre 2018, Thomas Fleuret avait par exemple dessiné pendant une semaine une pièce en cuir, pour la Confrérie Saint-Léonard de Saint-Léonard de Noblat. Cette pièce avait été offerte en Allemagne, à une fête religieuse à laquelle participait la Confrérie. « C’était un cadeau hautement symbolique », se souvient Michel Defaye, président de la dite Confrérie. « En plus d’être travaillée par Thomas Fleuret, la peau a été tannée dans notre commune. »

La pièce de cuir réalisée pour la Confrérie Saint-Léonard de sa commune, ou le fruit de sa première collaboration avec les acteurs locaux.

A la tannerie Bastin, plus précisément. « Elle produit du cuir de qualité », souffle Thomas Fleuret. « Il faut développer un projet de collaboration. Je veux aussi que mon activité soit profitable à la commune. Cela peut être bénéfique pour tout le monde. » Cette démarche s’inscrit dans une mentalité qu’a toujours portée le garçon. « J’ai toujours pensé aux autres. Surtout dans ce monde qui devient de plus en plus individualiste. »

L’environnement, pour préserver les générations futures

Avant de rejoindre le monde du cuir, Thomas Fleuret a ainsi été très investi dans la défense de l’environnement. Il s’est notamment rendu au Maroc, dans le cadre d’une formation pour la préservation des zones d’irrigation.« Je suis très inquiet pour nos générations futures. »  Cet intérêt écologique se traduit aujourd’hui par son refus de travailler dans le cuir industriel. « Je préfère travailler du cuir végétal, tanné de manière naturelle. Il n’y aucun risque d’allergies. Il n’y a rien de mieux que l’authentique et l’artisanal. »

Sa mission au Maroc remonte à 2013.

Malgré l’investissement financier nécessaire et la difficulté de se faire connaître, Thomas Fleuret n’a aucune inquiétude pour l’avenir. « Je n’ai jamais été carriériste. Cela ne m’a pas empêché de toujours réussir à rebondir professionnellement. À partir du moment où je pratique quelque chose qui me plaît, je n’ai aucune raison d’avoir des regrets. »

Dans son projet, le bourrelier est soutenu par sa compagne et ses parents. « Forcément, ils sont inquiets, comme le seraient tous les parents. Mais ils me soutiendront quoi qu’il arrive. » Pour le bien de tous.

Photo de Une : Brigitte Azzopard, Le Populaire du Centre

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