Porcelaine de Limoges, de la pâte à l’objet

Porcelainier à Limoges, Jean-Louis Puivif est spécialisé dans les objets de décoration intérieurs et extérieurs inspirés des objets de la nature (feuilles, troncs, fleurs, …). De la pâte liquide coulée dans un moule en plâtre à la décoration par gravure en passant par les cuissons, il présente ce long processus.

Il veut montrer que « la nature est belle ». Jean-Louis Puivif, porcelainier à Limoges, n’a pas trouvé meilleur moyen que de figer les feuilles, troncs d’arbres et autres fleurs. « Un arrêt sur image » en porcelaine. Une photographie, pourtant, qui n’est pas un long fleuve tranquille.

Le plâtre avant la porcelaine

La pâte de porcelaine, un mélange liquide de kaolin, quartz, feldspath et eau, n’est d’ailleurs pas la première matière manipulée par Jean-Louis Puivif. Il s’agit du plâtre. A partir des éléments naturels, le porcelainier réalise en effet des modèles en plâtre. « Cela me permet de garder une empreinte de l’objet », explique-t-il. « Contrairement aux feuilles ou troncs que je récupère, le plâtre ne bouge pas dans le temps. Il ne sèche pas et ne flétrit pas notamment. » C’est sur ce modèle plâtré que Jean-Louis Puivif va travailler. Il le sculpte, le grave et le taille pour obtenir la forme souhaitée.

C’est ce modèle de base qui va permettre en effet à l’artisan de créer un moule. Toujours en plâtre. Le Limougeaud reproduit son modèle sur le moule. Ce dernier est divisé en deux parties : sur les parois de chacune d’entre elles se présente la forme de l’objet souhaité par Jean-Louis Puivif.

Assemblé, le moule va permettre de réaliser le coulage de la pâte de porcelaine (appelée aussi barbotine). Cette dernière est tout simplement versée à l’intérieur du moule, lui permettant de prendre la forme de l’objet. « La porosité du plâtre absorbe l’eau contenue dans la pâte et la fixe contre les parois du moule », résume Jean-Louis Puivif. Un temps d’attente, généralement 30 minutes, est alors nécessaire pour permettre à l’excédent de barbotine d’être rejeté du moule.

Une porcelaine pas si blanche

Une fois ce délai d’attente écoulé, l’objet peut-être extrait du moule. C’est ce que l’on appelle, tout simplement, la phase de démoulage. A la sortie de son moule, elle doit être séchée entre 12 et 24 heures. La porcelaine n’a pas encore, cependant, la couleur blanche qu’on lui connait. Il s’agit alors d’une matière marron/grise, très fragile.

Pour remédier à cela, une première cuisson de 24 heures est nécessaire. « Mes pièces sont placées sur un chariot, dans un four fonctionnant au gaz naturel », poursuit Jean-Louis Puivif. « La porcelaine cuit alors à 980 degrés, ce qui permet de les déshydrater et de les durcir. » La couleur de la porcelaine, quant à elle, n’est toujours pas blanche mais plutôt rosée.

Une transformation très chaude

Autre conséquence de cette première phase de cuisson, dite de dégourdi : les pièces sont désormais poreuses. Cette particularité permet l’émaillage. « Chaque pièce est trempée dans un bain d’émail », affirme le porcelainier. « Cette étape donne un aspect lisse et brillant à la porcelaine. » La pièce affiche alors la couleur blanche et transparente qui la rend si célèbre.

Le four à gaz naturel de Jean-Louis Puivif.

Cet effet est accentué lors d’une seconde phase de cuisson, appelée de grand feu. « La pièce est cuite à environ 1.400 degrés pendant 24 heures », précise Jean-Louis Puivif. « La pâte et l’émail sont alors vitrifiés, ce qui développe la blancheur, la translucidité et la solidité de la porcelaine. » C’est également au cours de cette cuisson que la porcelaine atteint sa taille définitive. « Elle est réduite de près de 10 à 12 % », s’exclame l’artisan.

Le saviez-vous ? Environ 1/4 d’une production de porcelaine présente des défauts (tâches, fêlures, manquement d’email, déformation, fentes, …). Les artisans sont, de ce fait, obligés de passer par une phase de choisissage, permettant d’écarter les pièces qui ne sont pas bonnes.

La gravure, travail de précision

Vient alors l’heure de la finition. Cette étape consiste à décorer les pièces, en peignant dessus à la main. Un décor à la feuille peut aussi être utilisé, en suivant le principe de la décalcomanie. Ce décor, apposé à la main sur la porcelaine, est trempé dans l’eau pour permettre à son motif de se détacher du support papier et de s’appliquer sur la pièce. Ce décor à la feuille est fabriqué avec par sérigraphie.

Jean-Louis Puivif passe très rarement par cette étape de la finition. « Mes décors sur les pièces sont réalisés au début, lors de la création du modèle », souffle-t-il. « C’est ,d’ailleurs, le moment qui demande le plus de précision. » Dame Nature l’en remercie.

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