L’argile, douce folie de Laure Laforge

Céramiste de formation, Laure Laforge est installée à Eymoutiers (Haute-Vienne) depuis une dizaine d’années. Elle gère l’atelier-boutique « Au Cochon dingue », dans lequel elle créée des objets décoratifs en faïence. Des animaux et des marionnettes, entre autres, faites d’argile et peintes de couleurs vives. Un petit grain de folie qui traduit la passion dévorante de l’artisane pour l’art du modelage et de l’assemblage des terres de faïence.

C’est un univers complètement fou. Un microcosme inattendu, en plein coeur d’Eymoutiers (Haute-Vienne). Une sorte de cours de récréation, dans laquelle de petits êtres inertes en faïence semblent s’amuser. Des vaches, des cochons, des chouettes ou encore des loups colorés y côtoient de petites marionnettes enfantines.

Photo : Haute-Vienne tourisme

Bienvenue « Au Cochon dingue ». Cet atelier-boutique, qui porte si bien son nom, est la propriété de Laure Laforge. Une céramiste de 43 ans. La créatrice de ce monde merveilleux. « Je fabrique des petits animaux rigolos et des objets de décoration un peu décalés », sourit l’artisane. Elle nous ferait presque oublier que ses objets décoratifs extravagants ne sont composés que de terre de faïence, une forme d’argile.

Travail à la plaque

Ne vous attendez pas, cependant, à revivre l’épique scène de « Ghost » jouée par Patrick Swayze et Demi Moore. Chez Laure, il n’y a pas de tour de potier. « J’utilise l’autre technique pour créer mes objets », précise-t-elle. « Celle du travail à la plaque. » Ou l’art d’assembler les éléments en terre les uns aux autres, à l’aide d’une boue liquide appelée barbotine.

Pour ce faire, la céramiste d’origine champenoise doit commencer par créer des plaques d’argile. « Avec un rouleau à pâtisserie, j’étale la terre », poursuit Laure. « Cela me permet d’obtenir des plaques, similaires à des pâtes à tarte. » Dans ces dernières, l’artisane peut ensuite découper des formes à partir de modèles.

Des petits trous, encore des petits trous

Les pièces ainsi extraites sont plates. Pour leur donner du volume, Laure utilise des gabarits en siporex. Des demi-sphères rigides, à la taille variable en fonction de l’objet final souhaité, sur lesquelles la céramiste pose les formes terreuses. « Ainsi, elles vont s’arrondir et perdre leur planitude », explique la quarantenaire.

Cette dernière peut alors travailler ses formes d’argile. Elle utilise des outils, fabriqués par ses soins, comme des tampons, des pinceaux ou encore des cure-dents. « Ils me permettent de percer des trous et dessiner des empreintes par exemple », souffle l’artisane.

Vient alors l’étape attendue du modelage. « C’est ce qui me passionne vraiment », assure Laure. Le moment où la matière première commence à prendre vie. Le moment où les pièces d’argile préalablement créées prennent du sens. « J’assemble tous les éléments entre eux », résume Laure. Prenons l’exemple d’un lapin. « Sur la grosse boule centrale qui lui sert de corps, je viens coller les oreilles, les pattes, les dents, … »

Illuminés à la peinture

Ce lapin en faïence n’est, cependant, pas encore tout à fait prêt. « Je laisse sécher l’objet pendant dix jours, à l’air libre et à l’intérieur », raconte Laure. A l’issue de cette phase de séchage, l’objet est éventuellement retouché. Juste avant d’être enfourné. « Il y passe douze heures jusqu’à 1.000 degrés », précise Laure. « Au cours de la cuisson, vers 480 degrés, la terre atteint un point de non-retour. C’est ce que l’on appelle le point quartz, qui transforme la terre molle en terre dure. Elle ne peut plus, alors, redevenir molle. »

A la sortie du four, les animaux conçus par Laure sont encore bien ternes. Ce sont ses coups de pinceaux qui leur donneront de la vie. « J’utilise de la peinture acrylique », complète-t-elle. « J’ai une gamme de couleur très étendue, qui va du vert au orange en passant par le bleu et le jaune. Il y a beaucoup de petits détails, assez longs à réaliser. »

Ma démarche, à la base, est spontanée et inconsciente

Le résultat final est bluffant. On les imaginerait bien, ces fantasques animaux, se mettre à danser et chanter. « J’ai toujours rêvé de mettre en scène ces céramiques, et de leur inventer des histoires », lance Laure. Nous aussi, d’ailleurs.

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