Les concours et labels, un outil de valorisation pour les artisans

Ils sont de plus en plus nombreux. Les concours, titres et autres labels, décernés par des entités publiques ou privées, permettent de gratifier les artisans pour leur travail. Au-delà de la simple médaille ou du diplôme, ces récompenses offrent des avantages fiscaux, une reconnaissance professionnelle ou encore un tremplin dans la vie active pour les lauréats.

Ils récompensent plusieurs années de travail. De longs mois d’apprentissage. Des heures à trimer dans un sombre garage transformé en atelier. Ils représentent souvent l’apogée d’une carrière. Ces médailles et diplômes peuvent paraître un détail pour vous, mais pour les artisans ils veulent dire beaucoup. Des récompenses obtenues à l’issue d’un concours, ou après l’attribution d’un label.

Il en existe plusieurs dizaines en France, décernés par des organismes privés et publics. Les plus prestigieux sont, cependant, les titres distribués par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) et l’Institut National des Métiers d’Art (INMA). Les trophées adjugés par ces entités publiques possèdent bien plus qu’une fonction décorative. Ils portent de nombreux avantages pour les artisans lauréats : aide financière, reconnaissance professionnelle ou encore soutien au lancement dans la vie active.

Une jolie vitrine

Remporter un concours ou valider un label offre, évidemment, une légitimité professionnelle auprès du grand public. « J’ai travaillé pour des gens qui m’ont avoué qu’ils ne seraient pas venus me voir si je n’avais pas gagné ce prix », souffle Jean-Paul Boucharel, émailleur limougeaud à la retraite. En 2000, ce dernier obtient le titre de Meilleur Ouvrir de France. « Il a boosté ma carrière. Pour mes clients, c’était rassurant de payer un artisan reconnu par l’Etat. C’était une preuve, valorisante, que je savais travailler. »

Peut-être plus important que la visibilité aux yeux de la clientèle, les récompenses font entrer ses détenteurs dans une autres sphère aux yeux des pairs. Certaines un peu plus que d’autres. Il n’existe, par exemple, que 141 artisans français à détenir le titre d’Etat de « Maître d’Art ». « Il est attribué à un professionnel qui maîtrise des techniques et des savoir-faire exceptionnels », précise Jean-Pierre Gros, président de la Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat de Nouvelle-Aquitaine. « Pour l’obtenir, à vie, il faut faire preuve d’innovation et se préoccuper de l’avenir de son métier. »

Le label Entreprise du patrimoine vivant (Epv), aussi une distinction d’Etat, est tout aussi prestigieux. Une nouvelle fois à cause de sa rareté. « Seulement 30 % des artisans qui déposent une demande l’obtiennent », souffle Jean-Pierre Gros. « Avec Epv, l’idée est de mettre en avant le savoir-faire français en l’exportant à l’international. »

Des avantages économiques

Outre cette reconnaissance du savoir-faire, le label Epv offre de sérieux avantages fiscaux. Il permet d’obtenir un crédit d’impôt, à hauteur de 15 % des dépenses liées à la création de nouveaux produits. « Ce crédit d’impôt est plafonné à 30.000 euros par an », ajoute Jean-Pierre Gros.

De son côté, le titre « Maître d’art » débloque également une enveloppe annuelle de 16.000 euros sur trois ans à son détenteur. Cette somme versée par le Ministère de la Culture est, cependant, destinée uniquement à la formation professionnelle.

Un tremplin vers la vie active

Et pour cause : plus qu’une reconnaissance, être « Maître d’art » implique aussi un engagement. « Une fois nommé, l’artisan devenu Maître d’art a le devoir de transmettre son savoir-faire à un élève sélectionné », souligne Jean-Pierre Gros. « Pendant trois ans, son atelier devient ainsi le lieu privilégié de la transmission. »

D’autres récompenses sont, justement, exclusivement destinés aux apprentis et jeunes artisans. C’est le cas, par exemple, du Prix « Avenir Métiers d’art » décerné par l’INMA et la Fondation Michelle et Antoine Riboud. Chaque année, ce prix récompense des apprentis, âgés de moins de 26 ans, en lycées professionnels et écoles techniques. Les trois premiers reçoivent notamment des chèques d’une valeur comprise entre 1.000 et 4.500 euros. « Ce prix est un véritable tremplin vers la vie active », assure Jean-Pierre Gros. « Il offre une reconnaissance des talents, une visibilité dans la presse et une opportunité de construire un réseau professionnel. »

Dans cette même optique, de nombreuses fondations oeuvrent également pour soutenir les jeunes artisans dans leur début de carrière. C’est le cas, par exemple, de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet. Cette dernière permet à des « jeunes motivés », âgés de 18 à 30 ans, d’atteindre leur niveau de formation nécessaire. Pour ce faire, elle décerne chaque année 20 prix de 8.000 euros sélectionnés par un jury. Un support immatériel est également garanti, avec des conseils et la mise à disposition du réseau aux lauréats. Ou des débuts en douceur, pour les artisans, d’une âpre carrière.

Photo de Une : Institut national des Métiers d’Art

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s